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Nos conférences

Art et Culture propose, chaque année, un cycle de conférences, sur des thèmes variés, avec des intervenants remarquables. En 2023-2024, nous avons inauguré un partenariat avec d'autres associations, Les amis de Théophraste Renaudot et Paléo-Néo et nous. Nous avons fait appel à des conférenciers d'horizon différent et recentré leurs interventions sur l'histoire du Loudunais, chaque fois que c'était possible.

Nos conférences ont ont lieu à l’Échevinage (hôtel particulier, XVe/XVIIe siècles) dont la tourelle a inspiré l'aquarelle d'une fidèle de notre conseil d'administration, Pascale Fevai.

6 avril 2024 :

De Lucy aux bâtisseurs de mégalithes

par Michel Philippe

archéologue, ancien conservateur du musée de la préhistoire du Grand Pressigny

Michel Philippe rappelle que si les grandes lignes de l’histoire de l’aventure humaine sont globalement connues, des pans entiers de la préhistoire sont réécrits à la lumière des études récentes.

 

Ne sont remis en cause, ni l’origine africaine de l’humanité, ni la chronologie de 7 M. A.* ni le signal déclencheur, le passage à la bipédie encore mal expliqué, mais l’évolution linéaire longtemps représentée est aujourd’hui abandonnée au profit d’une évolution buissonnante faisant coexister plusieurs espèces dont une seule, les homos sapiens, subsiste encore aujourd’hui.

 

Il insiste sur les bonds technologiques représentés par l’apparition de l’industrie des pierres taillées (repoussée à 3,3 M. A.), et la maîtrise du feu en Afrique (1 M. A.) par l’Homo heidelbergensis, ancêtre des néandertaliens, génératrice d’organisation sociale et de l’industrie du bois.

 

Il raconte le long périple commencé il y a 2 M. A. depuis l’Afrique vers le Proche-Orient, l’Asie orientale puis l’Europe où néandertaliens et sapiens ont longtemps cohabité avant l’élimination des premiers par les seconds

il y a environ 30 000 ans.

 

Il replace cette évolution dans le cadre de l’ère quaternaire pendant laquelle poussées froides et petits moments de réchauffement se succèdent jusqu’au réchauffement de l’ère interglaciaire dans laquelle nous sommes entrés

depuis 12 000 ans et révèle nos connaissances nouvelles apportées

par les études ADN sur l’aspect physique des humains : peau claire avec parfois des cheveux roux pour les néandertaliens, peau plus sombre pour les Sapiens

qui s’éclaircit depuis 7000-5500 ans.

 

Il termine en évoquant les sociétés très inégalitaires et belliqueuses des cultivateurs-éleveurs du néolithique, inventeurs de la hache polie et des premières araires, qui vivent dans de grandes maisons collectives à l’abri d’enceintes fortifiées pour se protéger du pillage de leurs stocks et qui ne se déplacent plus qu’avec l’épuisement des sols causé par l’agriculture sur brûlis.

Ce sont eux les constructeurs de mégalithes.

 

Michel Philippe a su passionner son auditoire pendant près de deux heures.

Les nombreuses questions qui ont suivi en font preuve.

* M. A. : millions d’années

9 mars 2024 :

Alcide d’Orbigny (1802-1857)

De l’Amérique du Sud au Poitou

par Pascal Auger

 

C’était une gageure de retracer la carrière de ce scientifique hors normes, formé sur le terrain par un père, médecin, qui lui a transmis passion pour la nature et rigueur scientifique. Remarqué par le Muséum d’Histoire naturelle, alors dirigé par Cuvier, pour ses travaux sur les coquillages microscopiques de la baie de l’Aiguillon,

les foraminifères, il se voit confier un voyage d’exploration

en Amérique du Sud, très mal connue à l’époque.

 

Prévu (et financé) pour trois ans, son expédition, parfois risquée, dure près de huit ans. Des côtes du Brésil à la Bolivie et au Pérou, en passant par l’Uruguay,

la Patagonie et le Chili, des espaces côtiers aux déserts et à la forêt amazonienne,

il se fait tour à tour anthropologue, ethnologue, naturaliste, paléontologue, archéologue, géologue, pour étudier les populations autochtones, les sols et la nature.

  De retour en France en 1834, avec d’innombrables pages de notes et de dessins et un stock de matériaux considérables, il consacre treize ans à la rédaction de son Voyage en Amérique méridionale que Darwin jugera comme un « monument de la science du xixe siècle ».

 

Il entreprend ensuite un voyage stratigraphique à travers la France à la recherche des fossiles et des strates géologiques parmi lesquelles il distingue plusieurs étages, jurassiques et crétacés, notamment le toarcien (de Thouars) et le turonien (de Touraine).

 

Malgré son œuvre considérable, il ne sera jamais admis à l’Académie des Sciences, malgré sept candidatures et Napoléon III devra l’imposer aux membres du Muséum qui ne l’ont jamais reconnu totalement comme un des leurs.

Il est resté célèbre en Amerique Latine notamment en Bolivie dont il aurait inspiré les trois couleurs du drapeau (feu, déserts, forêts)

 

Ce brillant exposé a tenu l’auditoire en haleine pendant près de deux heures.

Sylvette Noyelle

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Michel Philippe

et son public

photo Pascal Auger

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Pascal AUGER : présentation de livres et de  fossiles

photos M J Queffélec

9 février 2024 :9

L'autre Éminence : le R. P.  Leclerc du Tremblay, capucin par Bernard Gaborit

Bernard Gaborit, passionné par l'histoire du Cardinal de Richelieu, s'attache à décrire

ses relations avec son collaborateur le plus proche :

le père Joseph, capucin, dit « Éminence grise ».

Par opposition à la pourpre cardinalice, le gris évoque l’humilité et l'ombre.

Né en 1577, en pleine guerres de Religion , Francois Leclerc du Tremblay,

issu d'une famille noble, reçoit une éducation de gentilhomme.

 

Du pourpoint à la bure :

         De formation classique, il apprend les auteurs anciens, maîtrise parfaitement le latin,

(il écrira La Turciade en 4600 vers !), le grec, l'italien (il effectue un  « Grand tour d'Italie ».

Il s'illustre au maniement des armes en fréquentant l'académie équestre d'Antoine de Pluvinel.

 

Le moine de plein emploi :

         En 1599, il choisit d’intégrer l'ordre des Capucins,

qui vivent de l’aumône, et sont réputés populaires et évangéliques.

         Nommé Provincial de Touraine, il se fait remarquer comme prédicateur, réformateur (abbaye de Fontevrault) et créateur d'une nouvelle congrégation « les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire ». Il installe des couvents, est un grand acteur de la Contre-Réforme. 

 

Le militaire

         Il accompagne Richelieu lors de son entrée au Conseil du Roy en 1624,

il y joue un rôle de conseiller, d’émissaire, et de diplomate.

Il encourage Richelieu dans un projet de croisade,

pour reprendre les lieux saints et rêve d'une unité chrétienne.

Grâce à ses multiples couvents et établissements religieux, ce mystique convaincu

crée un réseau efficace de renseignements pour servir le roi et Dieu. 

 

De connivence avec le Cardinal, il ne cessera , sa vie durant, de conjuguer apostolat et politique, jusqu'à sa mort en 1638.

Marie- Jeanne Queffelec

Capture d’écran 2024-02-08 121401.png

Le Père Joseph et le Cardinal,

Charles Edouard Delort ( 1841/1895) 

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ci-dessus: les conférenciers
ci-dessous : un gisant 

gisantchapelle couvent de Guesnes photo S.Noyelle.jpg

                                                 19 janvier 2024

 Autour du prieuré fontevriste de Guesnes

                        Par Jacques Albert, Philippe Berton et Sylvette Noyelle

 

Salle comble à l’Échevinage pour cette conférence à trois voix, dont l’intérêt dépassait largement le cadre de Guesnes pour s’étendre à l’ensemble du Loudunais.

Après une présentation commentée de photos du couvent et de son église, prises notamment par Jean-Marc Cailleau en 2007, Jacques Albert a rappelé les grands moments de l’histoire de ce prieuré fontevriste, depuis sa fondation, en 1106, jusqu’à la dispersion des religieuses par la Révolution, en passant par les ravages causés

par la guerre de Cent Ans, et au XVIe siècle,

par les troupes protestantes en route pour Moncontour.

Sylvette Noyelle a présenté un terrier du prieuré rédigé entre 1685 et 1687, pièce rare et inconnue à ce jour, que les chercheurs du Loudunais ont eu quelques semaines entre leurs mains avant son départ pour les Archives départementales du Maine-et-Loire. L’étude de ce registre foncier, réalisée avec Philippe Berton, a permis d’affiner l’identification des deux gisants découverts en 1998, un homme et une femme, membres d’une des plus importantes famille de la noblesse chevaleresque du Loudunais, les Baussais. Elle a également permis de mesurer la richesse du prieuré, son emprise sur les hommes et les terres et l’ensemble des privilèges dont disposait cette filiale de l’abbaye royale de Fontevraud, pour laquelle tous les conflits se réglaient directement devant le Conseil du Roi.

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Jean-Claude Rabin
pour

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 8 décembre 2023 :

De la Mothe-de-Baussay

à la

Mothe-Chandeniers

par Thérèse Dereix de Laplane

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La Mothe en 1880 et portrait d'Aimée Ardouin
(archives familiales)

Trois rivières, trois châteaux, trois familles

 

Situé au nord la Vienne (86) commune des Trois-Moutiers, proche de Chinon, Saumur, le Center Park (Roiffé) et Fontevraud, dans un environnement de bois où se rejoignent trois petites rivières formant une île, fut bâtie une motte qui devint le château de la Mothe-de-Baussay, puis Chandenier, modifié sous la Renaissance, métamorphosé au XIXe siècle en une éblouissante demeure néogothique… Entre le XIIIe siècle et 1962, trois familles et leurs descendants possédèrent La Mothe : les Baussay, les Lamoignon de Basville et les Hennecart.

 

Après avoir longtemps appartenu à « l’illustre » famille de Baussay, le château de la Mothe-de-Baussay et son vaste domaine passent par mariages aux Chaunay, seigneurs de Javarzay (79) et Chandenier (Champdenier-Saint-Denis, 79), puis, pendant sept générations – à partir de 1448 – à la plus ancienne famille de la noblesse française, les Rochechouart (dont est issu par sa grand’mère le cardinal de Richelieu).

 

Le Rochechouart qui laissa sa plus grande empreinte à La Mothe fut François II (1611-1693), « chevalier des ordres du roy, marquis de Chandenier, premier capitaine des gardes du Corps de Sa Majesté ». Exilé de la cour en 1655 pour avoir pris le parti de la Fronde, il se réfugie en ce château qu’il aime, y menant une vie « d’un luxe inouï » qui le ruine… Dès 1665, ses créanciers se saisissent de la propriété qu’ils revendent à sa sœur Marie de Rochechouart. Elle devra s’en séparer en 1685.

 

Acquis par l’intendant Nicolas Lamoignon de Basville (1648-1724), l’ancien fief, « érigé et élevé » en 1700 « en titre et dignité de marquisat », passe à ses petites-filles dont Anne Victoire, épouse du chancelier Charles René de Maupeou (1689-1775), puis à leur fils, René Nicolas Charles Augustin (1714-1792), « dernier chancelier de France ». Ils n’y séjournent pas. A la suite d’arrangements successoraux, La Mothe, appartenant à Aglaé Caroline Saulx de Tavannes, épouse de Joseph Augustin de Besenval, est vendue le 13 février 1809.

 

Nouveau propriétaire, à la tête d’une grosse fortune, François Hennecart (1762-1845), redonne son lustre à la grande propriété de « mille soixante-sept hectares ». A son décès, sa fille Alexandrine Aimée, épouse du banquier Jacques Joseph Ardoin (1779-1851) achète le domaine à ses frères et sœur.

Devenue veuve, artiste de tempérament, fascinée par le néogothique anglais, Alexandrine Aimée Ardoin (1800-1870) conçoit un magistral projet d’agrandissement de La Mothe, élevant de deux étages le château, incorporant de nombreuses sculptures. Les travaux commencent en 1856 sous la direction de l’architecte M. Gaumont. Ainsi se construit un extraordinaire château de contes de fées, riche et flamboyant, dentelle de pierres se mirant dans les douves ! Au milieu d’un petit bois proche, une chapelle complète l’ensemble.

 

A son décès, la propriété passe à sa fille Marie (1835-1889), épouse du baron Edgard Lejeune (fils du peintre Louis-François Lejeune, général baron d’empire et de Louise Clary, nièce de Désirée Clary, maréchale Bernadotte, reine de Suède), puis à son petit-fils, Robert Lejeune.

 

Le 13 mars 1932, la somptueuse demeure est dévastée par un incendie. Elle ne sera pas reconstruite. Les héritiers du baron Lejeune se séparent du grand domaine en 1962. Petit à petit, la végétation envahit le château abandonné : éblouissante création d’une femme !

T. Dereix de Laplane

 

29 septembre 2023 :

Urbain Grandier, du pinacle au bûcher par Sylvette Noyelle

Devant une assistance nombreuse, Sylvette Noyelle s'attache à faire la part des choses entre

 

réalité historique et rumeur.

Après le décompte de ses amis et de ses proches, très nombreux à son arrivée :

Scévolles de Sainte-Marthe, le bailli Guillaume de Cerisay, Théophraste Renaudot, Louis Trinquant, Jean d'Armagnac... et celui de ses ennemis qui se révèlent de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants : Loudunais de vieille souche, ordres religieux (Capucins, Cordeliers, Carmes,) à qui il enlève leur « clientèle » par son aura et ses qualités d’orateur et de théologien.

Courageux (il le prouve pendant la peste et pendant son procès), charitable, dévoué, mais aussi fier, hautain, jaloux de son rang, n’hésitant pas à s’opposer aux gens de pouvoir (Richelieu), notamment pour défendre le donjon de la démolition, c'est un personnage clivant.

Bientôt les scandales altèrent sa réputation, le « penchant extraordinaire qu'il avait à la galanterie » le dessert. Ses relations avec Philippe Trinquant et Madeleine de Brou défrayent la chronique.

Accusé de sorcellerie par les Ursulines locales, lors d’un procès « à charge » avec exorcismes, et questions, il est condamné.

Il fait amende honorable, les jambes broyées, là même où il officiait quelques temps plus tôt avant d’être brûlé vif le 18 août 1634,

place Sainte-Croix devant une foule innombrable.

Quelques décennies plus tard, l’édit de juillet 1682 décriminalise la sorcellerie.

Marie-Jeanne Queffelec

 

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Un  auditoire attentif et intéressé

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Nos conférences 2022-2024

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Devant une assistance nombreuse, Sylvette Noyelle s'attache à faire la part des choses entre

 

réalité historique et rumeur.

Après le décompte de ses amis et de ses proches, très nombreux à son arrivée :

Scévolles de Sainte-Marthe, le bailli Guillaume de Cerisay, Théophraste Renaudot, Louis Trinquant, Jean d'Armagnac... et celui de ses ennemis qui se révèlent de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants : Loudunais de vieille souche, ordres religieux (Capucins, Cordeliers, Carmes,) à qui il enlève leur « clientèle » par son aura et ses qualités d’orateur et de théologien.

Courageux (il le prouve pendant la peste et pendant son procès), charitable, dévoué, mais aussi fier, hautain, jaloux de son rang, n’hésitant pas à s’opposer aux gens de pouvoir (Richelieu), notamment pour défendre le donjon de la démolition, c'est un personnage clivant.

Bientôt les scandales altèrent sa réputation, le « penchant extraordinaire qu'il avait à la galanterie » le dessert. Ses relations avec Philippe Trinquant et Madeleine de Brou défrayent la chronique.

Accusé de sorcellerie par les Ursulines locales, lors d’un procès « à charge » avec exorcismes, et questions, il est condamné.

Il fait amende honorable, les jambes broyées, là même où il officiait quelques temps plus tôt avant d’être brûlé vif le 18 août 1634,

place Sainte-Croix devant une foule innombrable.

Quelques décennies plus tard, l’édit de juillet 1682 décriminalise la sorcellerie.

Marie-Jeanne Queffelec

 

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Nos conférences

Art et Culture propose, chaque année, un cycle de conférences, sur des thèmes variés, avec des intervenants remarquables. En 2022-2023, des conférenciers d'horizon différent, viendront s'ajouter à ceux de l'Université Inter-Âges de Poitiers.
Elles ont lieu à l’Échevinage (hôtel particulier, XVe/XVIIe siècles).

9 mars 2024 :

Alcide d’Orbigny (1802-1857)

De l’Amérique du Sud au Poitou

par Pascal Auger

 

C’était une gageure de retracer la carrière de ce scientifique hors normes, formé sur le terrain par un père, médecin, qui lui a transmis passion pour la nature et rigueur scientifique. Remarqué par le Muséum d’Histoire naturelle, alors dirigé par Cuvier, pour ses travaux sur les coquillages microscopiques de la baie de l’Aiguillon,

les foraminifères, il se voit confier un voyage d’exploration

en Amérique du Sud, très mal connue à l’époque.

 

Prévu (et financé) pour trois ans, son expédition, parfois risquée, dure près de huit ans. Des côtes du Brésil à la Bolivie et au Pérou, en passant par l’Uruguay,

la Patagonie et le Chili, des espaces côtiers aux déserts et à la forêt amazonienne,

il se fait tour à tour anthropologue, ethnologue, naturaliste, paléontologue, archéologue, géologue, pour étudier les populations autochtones, les sols et la nature.

  De retour en France en 1834, avec d’innombrables pages de notes et de dessins et un stock de matériaux considérables, il consacre treize ans à la rédaction de son Voyage en Amérique méridionale que Darwin jugera comme un « monument de la science du xixe siècle ».

 

Il entreprend ensuite un voyage stratigraphique à travers la France à la recherche des fossiles et des strates géologiques parmi lesquelles il distingue plusieurs étages, jurassiques et crétacés, notamment le toarcien (de Thouars) et le turonien (de Touraine).

 

Malgré son œuvre considérable, il ne sera jamais admis à l’Académie des Sciences, malgré sept candidatures et Napoléon III devra l’imposer aux membres du Muséum qui ne l’ont jamais reconnu totalement comme un des leurs.

Il est resté célèbre en Amerique Latine notamment en Bolivie dont il aurait inspiré les trois couleurs du drapeau (feu, déserts, forêts)

 

Ce brillant exposé a tenu l’auditoire en haleine pendant près de deux heures.

Sylvette Noyelle

9 février 2024 :9

L'autre Éminence : le R. P.  Leclerc du Tremblay, capucin par Bernard Gaborit

Bernard Gaborit, passionné par l'histoire du Cardinal de Richelieu, s'attache à décrire

ses relations avec son collaborateur le plus proche :

le père Joseph, capucin, dit « Éminence grise ».

Par opposition à la pourpre cardinalice, le gris évoque l’humilité et l'ombre.

Né en 1577, en pleine guerres de Religion , Francois Leclerc du Tremblay,

issu d'une famille noble, reçoit une éducation de gentilhomme.

 

Du pourpoint à la bure :

         De formation classique, il apprend les auteurs anciens, maîtrise parfaitement le latin,

(il écrira La Turciade en 4600 vers !), le grec, l'italien (il effectue un  « Grand tour d'Italie ».

Il s'illustre au maniement des armes en fréquentant l'académie équestre d'Antoine de Pluvinel.

 

Le moine de plein emploi :

         En 1599, il choisit d’intégrer l'ordre des Capucins,

qui vivent de l’aumône, et sont réputés populaires et évangéliques.

         Nommé Provincial de Touraine, il se fait remarquer comme prédicateur, réformateur (abbaye de Fontevrault) et créateur d'une nouvelle congrégation « les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire ». Il installe des couvents, est un grand acteur de la Contre-Réforme. 

 

Le militaire

         Il accompagne Richelieu lors de son entrée au Conseil du Roy en 1624,

il y joue un rôle de conseiller, d’émissaire, et de diplomate.

Il encourage Richelieu dans un projet de croisade,

pour reprendre les lieux saints et rêve d'une unité chrétienne.

Grâce à ses multiples couvents et établissements religieux, ce mystique convaincu

crée un réseau efficace de renseignements pour servir le roi et Dieu. 

 

De connivence avec le Cardinal, il ne cessera , sa vie durant, de conjuguer apostolat et politique, jusqu'à sa mort en 1638.

Marie- Jeanne Queffelec

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Pascal AUGER

présentation de livres et de  fossiles

photos M J Queffélec

Capture d’écran 2024-02-08 121401.png

Le Père Joseph et le Cardinal,

Charles Edouard Delort ( 1841/1895) 

 

24 novembre 2023 :

Quel avenir pour la chapelle souterraine de La Québrie ?

par Alain Tabutiaux

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Jean-Claude Rabin
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ci-dessus: les conférenciers
ci-dessous : un gisant 

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                                                 19 janvier 2024

 Autour du prieuré fontevriste de Guesnes

                        Par Jacques Albert, Philippe Berton et Sylvette Noyelle

 

Salle comble à l’Échevinage pour cette conférence à trois voix, dont l’intérêt dépassait largement le cadre de Guesnes pour s’étendre à l’ensemble du Loudunais.

Après une présentation commentée de photos du couvent et de son église, prises notamment par Jean-Marc Cailleau en 2007, Jacques Albert a rappelé les grands moments de l’histoire de ce prieuré fontevriste, depuis sa fondation, en 1106, jusqu’à la dispersion des religieuses par la Révolution, en passant par les ravages causés

par la guerre de Cent Ans, et au XVIe siècle,

par les troupes protestantes en route pour Moncontour.

Sylvette Noyelle a présenté un terrier du prieuré rédigé entre 1685 et 1687, pièce rare et inconnue à ce jour, que les chercheurs du Loudunais ont eu quelques semaines entre leurs mains avant son départ pour les Archives départementales du Maine-et-Loire. L’étude de ce registre foncier, réalisée avec Philippe Berton, a permis d’affiner l’identification des deux gisants découverts en 1998, un homme et une femme, membres d’une des plus importantes famille de la noblesse chevaleresque du Loudunais, les Baussais. Elle a également permis de mesurer la richesse du prieuré, son emprise sur les hommes et les terres et l’ensemble des privilèges dont disposait cette filiale de l’abbaye royale de Fontevraud, pour laquelle tous les conflits se réglaient directement devant le Conseil du Roi.

 

 8 décembre 2023 :

De la Mothe-de-Baussay

à la

Mothe-Chandeniers

par Thérèse Dereix de Laplane

Motte 2L. M..jpg
Aimée Ardouin.jpg

La Mothe en 1880 et portrait d'Aimée Ardouin
(archives familiales)

Trois rivières, trois châteaux, trois familles

 

Situé au nord la Vienne (86) commune des Trois-Moutiers, proche de Chinon, Saumur, le Center Park (Roiffé) et Fontevraud, dans un environnement de bois où se rejoignent trois petites rivières formant une île, fut bâtie une motte qui devint le château de la Mothe-de-Baussay, puis Chandenier, modifié sous la Renaissance, métamorphosé au XIXe siècle en une éblouissante demeure néogothique… Entre le XIIIe siècle et 1962, trois familles et leurs descendants possédèrent La Mothe : les Baussay, les Lamoignon de Basville et les Hennecart.

 

Après avoir longtemps appartenu à « l’illustre » famille de Baussay, le château de la Mothe-de-Baussay et son vaste domaine passent par mariages aux Chaunay, seigneurs de Javarzay (79) et Chandenier (Champdenier-Saint-Denis, 79), puis, pendant sept générations – à partir de 1448 – à la plus ancienne famille de la noblesse française, les Rochechouart (dont est issu par sa grand’mère le cardinal de Richelieu).

 

Le Rochechouart qui laissa sa plus grande empreinte à La Mothe fut François II (1611-1693), « chevalier des ordres du roy, marquis de Chandenier, premier capitaine des gardes du Corps de Sa Majesté ». Exilé de la cour en 1655 pour avoir pris le parti de la Fronde, il se réfugie en ce château qu’il aime, y menant une vie « d’un luxe inouï » qui le ruine… Dès 1665, ses créanciers se saisissent de la propriété qu’ils revendent à sa sœur Marie de Rochechouart. Elle devra s’en séparer en 1685.

 

Acquis par l’intendant Nicolas Lamoignon de Basville (1648-1724), l’ancien fief, « érigé et élevé » en 1700 « en titre et dignité de marquisat », passe à ses petites-filles dont Anne Victoire, épouse du chancelier Charles René de Maupeou (1689-1775), puis à leur fils, René Nicolas Charles Augustin (1714-1792), « dernier chancelier de France ». Ils n’y séjournent pas. A la suite d’arrangements successoraux, La Mothe, appartenant à Aglaé Caroline Saulx de Tavannes, épouse de Joseph Augustin de Besenval, est vendue le 13 février 1809.

 

Nouveau propriétaire, à la tête d’une grosse fortune, François Hennecart (1762-1845), redonne son lustre à la grande propriété de « mille soixante-sept hectares ». A son décès, sa fille Alexandrine Aimée, épouse du banquier Jacques Joseph Ardoin (1779-1851) achète le domaine à ses frères et sœur.

Devenue veuve, artiste de tempérament, fascinée par le néogothique anglais, Alexandrine Aimée Ardoin (1800-1870) conçoit un magistral projet d’agrandissement de La Mothe, élevant de deux étages le château, incorporant de nombreuses sculptures. Les travaux commencent en 1856 sous la direction de l’architecte M. Gaumont. Ainsi se construit un extraordinaire château de contes de fées, riche et flamboyant, dentelle de pierres se mirant dans les douves ! Au milieu d’un petit bois proche, une chapelle complète l’ensemble.

 

A son décès, la propriété passe à sa fille Marie (1835-1889), épouse du baron Edgard Lejeune (fils du peintre Louis-François Lejeune, général baron d’empire et de Louise Clary, nièce de Désirée Clary, maréchale Bernadotte, reine de Suède), puis à son petit-fils, Robert Lejeune.

 

Le 13 mars 1932, la somptueuse demeure est dévastée par un incendie. Elle ne sera pas reconstruite. Les héritiers du baron Lejeune se séparent du grand domaine en 1962. Petit à petit, la végétation envahit le château abandonné : éblouissante création d’une femme !

T. Dereix de Laplane

 

29 septembre 2023 :

Urbain Grandier, du pinacle au bûcher par Sylvette Noyelle

Devant une assistance nombreuse, Sylvette Noyelle s'attache à faire la part des choses entre

 

réalité historique et rumeur.

Après le décompte de ses amis et de ses proches, très nombreux à son arrivée :

Scévolles de Sainte-Marthe, le bailli Guillaume de Cerisay, Théophraste Renaudot, Louis Trinquant, Jean d'Armagnac... et celui de ses ennemis qui se révèlent de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants : Loudunais de vieille souche, ordres religieux (Capucins, Cordeliers, Carmes,) à qui il enlève leur « clientèle » par son aura et ses qualités d’orateur et de théologien.

Courageux (il le prouve pendant la peste et pendant son procès), charitable, dévoué, mais aussi fier, hautain, jaloux de son rang, n’hésitant pas à s’opposer aux gens de pouvoir (Richelieu), notamment pour défendre le donjon de la démolition, c'est un personnage clivant.

Bientôt les scandales altèrent sa réputation, le « penchant extraordinaire qu'il avait à la galanterie » le dessert. Ses relations avec Philippe Trinquant et Madeleine de Brou défrayent la chronique.

Accusé de sorcellerie par les Ursulines locales, lors d’un procès « à charge » avec exorcismes, et questions, il est condamné.

Il fait amende honorable, les jambes broyées, là même où il officiait quelques temps plus tôt avant d’être brûlé vif le 18 août 1634,

place Sainte-Croix devant une foule innombrable.

Quelques décennies plus tard, l’édit de juillet 1682 décriminalise la sorcellerie.

Marie-Jeanne Queffelec

 

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Un  auditoire attentif et intéressé

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Nos conférences 2022-2024

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Devant une assistance nombreuse, Sylvette Noyelle s'attache à faire la part des choses entre

 

réalité historique et rumeur.

Après le décompte de ses amis et de ses proches, très nombreux à son arrivée :

Scévolles de Sainte-Marthe, le bailli Guillaume de Cerisay, Théophraste Renaudot, Louis Trinquant, Jean d'Armagnac... et celui de ses ennemis qui se révèlent de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants : Loudunais de vieille souche, ordres religieux (Capucins, Cordeliers, Carmes,) à qui il enlève leur « clientèle » par son aura et ses qualités d’orateur et de théologien.

Courageux (il le prouve pendant la peste et pendant son procès), charitable, dévoué, mais aussi fier, hautain, jaloux de son rang, n’hésitant pas à s’opposer aux gens de pouvoir (Richelieu), notamment pour défendre le donjon de la démolition, c'est un personnage clivant.

Bientôt les scandales altèrent sa réputation, le « penchant extraordinaire qu'il avait à la galanterie » le dessert. Ses relations avec Philippe Trinquant et Madeleine de Brou défrayent la chronique.

Accusé de sorcellerie par les Ursulines locales, lors d’un procès « à charge » avec exorcismes, et questions, il est condamné.

Il fait amende honorable, les jambes broyées, là même où il officiait quelques temps plus tôt avant d’être brûlé vif le 18 août 1634,

place Sainte-Croix devant une foule innombrable.

Quelques décennies plus tard, l’édit de juillet 1682 décriminalise la sorcellerie.

Marie-Jeanne Queffelec

 

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